ville, qui ne fait pas la trentième partie de la populationde Berlin. Cet établissement doit beaucoup à MM. deChambrier, tant à celui qui est envoyé du roi de Prusseà la cour de Turin 4 , qu’à ceiui qu’on appelle ici lechambellan. C’est chez lui que j’ai connu le secrétairede cette société savante, M. Chaillet, et le bon Osterwald,vieillard respectable. J’ai vu aussi la belle maison deM. du Peyron dont parlent tous les voyageurs, et par-ticulièrement la dame française qui a donné, en 1789,
1. M. de Chambrier, dans son poste diplomatique de Turin, vou-lait bien s’occuper de rechercher des portraits pour illustrer lesConfessions de J.-J. Rousseau. Il écrivait à M mo de Charrière :
« On attend ici avec empressement l'édition des Confessions queM. Du Peyron annonce Je voudrais fort contribuer à sa perfectionpar l’estampe du comte ou de l’abbé de tiouvon, que j’aurais puvous envoyer si les descendants de cette maison avaient permis queces images parussent dans les confessions d’un de leurs anciens do-mestiques. Il y a ici un portrait de M 110 de Breil, petite-fille ducomte, et depuis lors comtesse de Verrue, qui répond à l'idée sé-duisante que Rousseau en donne. Il figurerait à merveille dans lepremier volume; mais comment obtenir une gravure de ce por-trait d’une dame de la plus haute considération à cette cour, etdont les descendants ne consentiraient guère à un pareil usage decette estampe, si elle devait figurer avec celle de M me de Warens.J’ajouterai qu’on ne lit ici les Confessions qu’en s’en confessant àson confesseur. Voilà qui exclut de ce livre les estampes de la fa-mille Solar. Mais si les âmes scrupuleuses osent à peine convenirqu'elles l’ont lu, en revanche la plupart des lecteurs en dissertentà perte de vue, et j’ai eu le plaisir d'entendre discuter le genre demérite qui ferait passer J.-J. Rousseau à la postérité, dans unesociété où se trouvaient plusieurs des meilleurs amis de Marie-Antoinette, L'un d’eux avoua avec une ingénuité louchante :«qu’hélas! si chacun des écoutants avait à faire une confessionaussi sincère que celle de Rousseau, peut-être serait-elle encoremoins innocente.»