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la relation de son voyage en Suisse, et qui semble n’a-voir vu ici que la maison de M. du Peyron *. »
L’académie dont parle l’abbé Denina était plus con-nue en Suisse sous le nom de Société d’émulation pa-triotique. Fondée en 1791 par le roi Frédéric-Guil-laume II, neveu de Frédéric-le-Grand, elle était com-posée dans l’origine de seize membres, et avait dansses attributions tout ce qui concernait l’agriculture etl’industrie. Elle devait être pour Neuchâtel ce qu’étaitla Société économique pour Berne, et elle distribuaitdes prix et des encouragements 4 .
1. Voyage d’une Française en Suisse et en Franche-Comté (parM me Gautier de Besançon). 2 vol. in-8°; 1791.
2. Les prix consistaient dans des médailles d’or du poids de 12à 20 ducats. Plusieurs furent distribuées à des horlogers. Un dessoins essentiels de la Société était aussi d’acquérir une connais-sance exacte des diverses parties du pays. Toutes les années ellemettait au concours la description d’une des divisions administra-tives de la principauté de Neuchâtel, et elle faisait imprimer lesmémoires couronnés. C’est ainsi qu’ont été publiées les statistiquesdes Mairies de Valangin, de la Brévine, de Ligniéres, de Bevaix,de Cortaillod, des Ponts, de Neuchâtel et quelques autres.
La Société a fait imprimer aussi des mémoires d’utilité publiquesur la culture de la pomme de terre, le dessèchement des maraisdes Ponts, le renchérissement des bois, les moyens de prévenir lesdébordements de l’Areuse, la culture de la vigne (3 mémoires), lesmoyens de soulager la misère sans entretenir la paresse, la culturedu mûrier et des vers à soie, les écoles de campagne, les inconvé-nients du droit de parcours, etc. etc.
La Société d'Emulation patriotique a subsisté dans le canton deNeuchâtel jusqu’en 1848. Bien que circonscrite à dessein, son in-fluence sur l’état intellectuel du pays a été sensible.
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