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genre, si l’on veut remonter aux origines, est, à vraidire, le grand Haller, qui, dans son poëme des Alpesdans ses Opuscules botaniques 1 2 , qui contiennent lerécit de ses excursions et de ses herborisations dans lesmontagnes de la Suisse, dans son Histoire des plantesde l’Helvétie 3 , se montre à la fois poète, paysagiste etsavant.
Haller appartient à la Suisse française, puisqu’il étaitseigneur de Goumoëas-les-Joux dans le Pays de Vaud ;puisqu’il demeura à Lausanne, où il fut chargé de réor-ganiser l’Académie, et où il avait son éditeur, Grasset ;puisqu’il fut pendant plusieurs années (de \ 758 à 1764)administrateur des salines de Roche, consacrant sessoins à l’amélioration matérielle et morale de la contréed’Aigle et de Bex ; puisque enfin plusieurs de ses ou-vrages, et des plus littéraires, ont été écrits en fran-çais 4 . Charles Bonnet, Horace-Bénédict De Saussure,
1. De 1728 à 1736, Albert de Ilaller fit chaque année un voyagedans les Alpes, pour y recueillir des plantes. C’est aux impressionsqu’il éprouva dans ces courses que l’on doit ses poésies si souventimprimées, traduites plusieurs fois en français, et entre autres lepoëme des Alpes, qui excita l’admiration. Haller le composa à Bâle,en strophes régulières de dix vers. La première édition parut en 1734.
2. Opuscula Botanica. Gœttingue, 1749.
3. Historia Stirpium Helvetiæ. Berne, 1768. 3 vol. fol 0 .
4. Alfred, roi des Anglo-Saxons, roman politique ; le Dialogueentre Fabius et Caton, sur l’aristocratie et la démocratie. Vsong, autreroman politique, que quelques auteurs disent avoir été composé enfrançais, a été traduit de l'allemand dans cette langue par Sinnerde Ballaigue. Les poésies de Haller, traduites plusieurs fois dèsleur apparition, entre autres par Huber, avaient eu un très-grandsuccès dans les pays de langue française.
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