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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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ses pensées, quil faisait part de tous ses projets. En1768, il écrivait de Londres à un fils de son ami : « Ondit que M. votre père sest enfin absolument déterminéà accepter une place à Gœttingen. Jen suis extrême-ment fâché pour moi, bien aise pour la science, bienhonteux pour Berne*. » Quand Haller mourut, en1777, Bonnet témoignait ainsi sa douleur à ce mêmefils de son ami 2 :

« Ah ! mon cher Monsieur, quelle perte immensenous venons de faire ! Vous avez perdu le plus respec-table des pères, et moi le plus respectable des amis !Le grand Haller, le vertueux, le pieux Haller nestplus ! Quelle perte encore pour votre patrie, pour lamienne, pour les sciences, pour la religion, pour lasociété universelle! Tous ceux qui aiment sincèrementla vérité et la vertu partageront notre juste douleur.Quil vous est glorieux davoir le jour à un si grandhomme, et quil me le sera toujours davoir joui pen-dant plus de vingt ans dune amitié telle que la sienne.Toute la vie nous chérirons sa mémoire, et nous nousrappellerons ce rare exemple dhumilité chrétiennequil nous a laissé en mourant. Quel spectacle que celuidun Haller mourant, et combien il est plus instructifque les plus excellents livres ! Non, non, mon bon ami,jamais il ne seffacera de votre souvenir, et il sera pourvotre âme le meilleur préservatif contre les tentationsmultipliées de ce siècle corrompu. Vous vous représen-

1. Le 18 novembre 1768.

2. Lettre datée de Genthod, le 16 décembre 1777.