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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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terez toujours cet excellent père aux portes de léter-nité, recourant, dans les sentiments de la plus pro-fonde humilité, à lintercession du Sauveur du mondeet à la miséricorde du Père commun de tous lesêtres. Il a vu la religion comme je la vois, comme letémoignage le plus touchant des bontés paternellesdu Grand Être *.

» Le grand homme, je dirai mieux, lhomme debien que nous pleurons, na pas cessé dêtre; il nafait que changer de manière dêtre, car la mort nestpoint pour le philosophe chrétien une cessation dêtre,mais elle est un nouvel être, et le premier pas vers unbonheur qui ne doit point finir 2 . »

De Saussure écrivait de son côté au fils de son ami :« Les réflexions que vous faites sur limmense malheurqui vient de vous frapper, sont bien touchantes. Lesvoies du Dispensateur nous sont parfaitement incon-nues; mais, puisquil est sage et inaccessible à nosreproches, il faut se soumettre avec résignation. »

Ce style est bien loin du style de Voltaire. Il nest passi éloignédu style et surtout des penséesde Rousseau. DeSaussure, dans ses livres, na pas autant de religiositéque Bonnet , chez lequel ce sentiment abonde. Il estplus sobre de ce genre didées; mais tout ce quil dità cet égard est ferme et bien senti.

1. Cétait un usage invariable chez Charles Bonnet décrire en let-tres majuscules les mots Dieu, Providence, Être suprême, Divinité.

2. Vicq dAzyr prononça à lAcadémie des Sciences léloge deHaller. Il lappelle le Buffon Suisse, Y Hercule de la science physiolo-gique.