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littéraire, qui ne fait que distraire désagréablement unlecteur attentif ; qu’ils eussent supprimé tout ce qu’ilsdisent des moeurs des montagnards, pour s’en tenir àleur physique générale. Si c’est un écart, on est très-aise d’avoir à le pardonner. » Aujourd’hui, on a im-primé à part la partie pittoresque des Voyages de DeSaussure, et ce volume est recherché avec empresse-ment.
Un étranger, un Alsacien, Ramond de Carbonnières,contribua plus que tout autre à mettre à la mode lessites alpestres et les voyages de montagnes. Venu deStrasbourg à Yverdon en 1777, il y publia d’abord unpetit volume d’Elégies 1 , et l’année d’après les Der-nières aventures du jeune d’Olban, fragments desamours alsaciennes, imitation de Werther, que CharlesNodier a jugé dignes de la réimpression. Ramond s’at-tacha à la Suisse; il la parcourut dans tous les sens, etdès 1777, même avant De Saussure, il en décrivait leshautes vallées, les glaciers, les pics aux neiges éter-nelles. En 1781, il traduisit, commenta et augmentales Lettres de Coxe sur la Suisse, l’un des livres dusiècle dernier qui eut le plus de succès.
L’ascension de De Saussure à la cime du Mont-Rlanc(le 3 août 1787),le récit, d’une simplicité admirable,qu’il publia de ses observations sur ce géant des Alpes 2 ,
1. C’est à la fin de ces Elégies que l’on trouve cette approbationun peu tudesque du bailli d’Yverdon : Permis d’imprimer les Elégiesci-devant.
2. Relation abrégée d’un voyage à la cime du Mont-Blanc, enaoût 1787. Genève, in-8°.