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qui offre les échantillons les plus probables du mondeprimitif, mirent le comble à l’enthousiasme. Les voya-ges en Suisse se multiplièrent à l’infini. Visiter cettecontrée devint une mode philosophique. Les Anglais,les Allemands, lesFrançais faisaient leur tour de Suisse,comme jadis les jeunes Suisses faisaient leur tour deFrance pour apprendre les belles manières 4 .
Un homme qui contribua beaucoup à populariser lesmontagnes, à familiariser les étrangers avec leurs as-pects, fut Marc-Théodore Bourrit, que Spallanzaniappelle l’historiographe des Alpes. Né en 1739, chantrede l’église de Saint-Pierre, Bourrit, depuis que deuxAnglais, Windham et Pockoke, eurent pénétré danscette vallée de Chamounix, qu’on appelait les Monta-gnes maudites , ne rêva plus que paysages alpestres.Partageant son temps entre les devoirs de sa place etson goût irrésistible pour les montagnes, il publia, en1773, une Description des glacières du duché de Sa-voie, accompagnée d’estampes gravées par lui-même.Il avait inventé une espèce de lavis propre à rendre leseffets de la lumière sur les rochers et sur les glaces. En1785 paraissait une seconde édition du même livre, dé-diée à Buffon. Elle avait été précédée, en 1776, d’unedescription particulière des aspects du Mont-Blanc, et,en 1781, d’une Description des Alpes pennines et rhé-liennes. En 1791 parut Y Itinéraire de Genève, Lau-
1. Parmi les Voyagesen Suisse qui datent de cette époque, nousciterons ceux de Moore, de Robert, de Roland de la Platriére, deLa Rorde, du marquis de Langle (tableau pittoresque), du comted’Albon, la Statistique de Duval, 4 vol. in-8°, etc. etc.