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Rucliat et de Loys de Bochat, les recherches sur lesantiquités et les annales de la Suisse en général, etde la Suisse romane en particulier, parurent frappéesd’une sorte de défaveur. 11 est certain que les craintesombrageuses des gouvernements, de celui de Berne enparticulier, étaient pour beaucoup dans cette proscrip-tion. A Genève aussi, comme les recherches histori-ques se mêlaient au mouvement politique, comme onvoulait trouver dans les anciens titres des preuves desantiques libertés et des armes contre les usurpationsde l’aristocratie, les études historiques étaient peu fa-vorisées. C’est donc par l’examen de quelques ouvragessur l’histoire étrangère, écrits ou publiés dans la Suissefrançaise, que nous commencerons cette revue.
Un Suisse, originaire des Grisons, Lamberty, quiavait été attaché comme secrétaire à diverses légationset ambassades en Hollande et en Allemagne, qui avaitété témoin de toutes les négociations du commence-ment du dix-huitième siècle, de tous les traités interve-nus entre les puissances liguées contre Louis XIV, autemps de la guerre de la succession d’Espagne, et lorsde la conclusion des paix d’Utrecht et de Baden, vintchercher le repos à Nyon, dans le Pays de Vaud. Làil publia, pendant sa retraite studieuse, quatorze vo-lumes de Mémoires fort intéressants, concernant toutesles affaires où il avait été employé. Les Mémoires deLamberty sont précieux, même pour l’histoire suisse,en ce qu’ils rendent compte de tous les efforts que fit laF rance à cette époque pour chercher à faire sortir les