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— « Y trouveriez-vous quelque chose à reprendre?..
— Oh, pour cela, oui! s’écria l’abbé. Voyez cette
phrase, et celle-ci, et celle-là. Qu’est-ce que cette
république qui ressemble aux abeilles ? Et que sonhistoire a été écrite par Spon, dont l’ouvrage rendcompte de son gouvernement? Et quantau titre : Voyagelittéraire , encore passe; mais a-t-on jamais dit unvoyage historique ?
— Mais, Monsieur, interrompitSinner, puisqu’unehistoire des Indes peut être politique et philosophique,pourquoi donc un voyage ne serait-il pas historique? »
L’écrivain bernois se retira sur cette repartie, maisblessé au cœur. Toute sa vie il avait cru écrire le fran-çais, et on venait en un instant de lui enlever son illu-sion!... Ce trait n’est pas simplement une anecdote,c’est un enseignement dont maint lettré de la Suisseallemande, et même de la Suisse française, peut et doitfaire son profit, s’il est sage.
Dans la nomenclature des écrivains de la Suissefrançaise qui ont traité de notre histoire à un point devue spécial, il faut se garder d’omettre le généralCharles-Emmanuel Warnery, deMorges, qui passa savie aux services de Prusse et de Pologne. Il a publié àVarsovie, en 1782, des Remarques critiques sur Césaret sur sa guerre en Helvétie. Bien qu’un peu paradoxal,puisque Warnery combat absolument l’authenticitédes fameux Commentaires , et traite d’absurde tout cequ’ils attribuent à César, ce livre est écrit avec verveet esprit. Le même auteur a aussi publié à Varsovie