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que sorte aussi d’auxiliaire de l’histoire. Elle fut culti-vée en Suisse, dans la seconde moitié du siècle dernier,par les hommes qui auraient voulu prévenir les révo-lutions politiques par des améliorations matérielles.Quand l’école philanthropique commença à se faire con-naître en France, elle eut en Suisse de nombreux adep-tes. Déjà nous en avons cité quelques-uns à l’occasiondes travaux de la Société économique de Berne et deses succursales. Un Bernois, Rodolphe-Louis d’Erlaeh,bailli de Berthoud, écrivit un très-long livre, le Codedu bonheur, dans lequel il envisage tous les moyenspar lesquels l’homme peut arriver au contentement surcette terre 1 . Il y a de très-bonnes choses, d’excellentesintentions surtout, dans ce Code ; mais nous doutonsqu’il ait fait le bonheur de beaucoup de gens. A la têtede nos économistes nous retrouvons l’infatigable, l’ex-cellent Engel, ancien bibliothécaire à Berne avant Sin-ner, et l’un des fondateurs du Journal Helvétique. Ilavait survécu à tous ses collaborateurs. Né en 1702, ilmourut en 1784, en travaillant. Du bailliage d’Orbe etd’Echallens, il avait passé à celui de Nyon, où il se fitaimer et apprécier. N’eût-il rendu d’autre service auPays de Vaud que celui d’y introduire la culture de lapomme de terre, il aurait mérité la reconnaissance deses administrés et de la postérité. Engel écrivait à Re-verdil, l’auteur des Lettres sur le Danemarck, quis’était retiré à Nyon, sa patrie :
1. Le Code du bonheur, par R.-Louis d’Erlach, membre du Con-seil Souverain de Berne. 6 vol. in-8°.