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tant beaucoup à dire sur les explications de Ruchat etde Loys de Bochat, qui ne me contentent pas et sonttrop tirées par les cheveux. J’ai tâché de prouver am-plement, dans mon Essai sur la population de l’Amé-rique, que les Celtes ont peuplé toute l’Europe (et parconséquent aussi la Suisse), et ce dès avant le déluge,car, pour après, cela ne s’accorde pas avec la chrono-logie et leur ancienneté. »
La jurisprudence et la législation n’ont pas moinsque l’économie politique des rapports avec l’histoire.A Genève, les troubles politiques firent faire un retourvers les antiquités juridiques. Au milieu du déluge debrochures politiques qui parurent de 1765 à 1768,pendant la période de troubles dont nous avons parlé,on vit paraître une réimpression des Coutumes, ordon~ncmces, franchises et libertés de la ville de Genève ,recueillies en 1387 par l’évêque Adhémar Fabri, etconfirmées par Félix V, administrateur de l’Eglise deGenève en 1444. «Ce code précieux, cet ancien mo-nument de la liberté publique et particulière, disaientles éditeurs, qui a servi de base à tous nos édits, tom-berait bientôt dans l’oubli, ou ne serait plus connu quepar le serment que nous avons tous prêté de l'observeret de le garder, si nous n’en donnions au public unenouvelle édition'. » Cette publication, bien que faitedans un but politique du moment, était un retour vers
1. L’imprimeur Bellot avait donné de ces franchises une éditionen vieux français, l’an 1507. L’édition de 1767 contient le texte la'tin avec la traduction française à côté.