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quisition_ Eh! qu’y a-t-il donc entre nous et lui?
Cachée comme un vautour dans un creux des Alpes,la torture y dévore encore ses victimes, et bientôt, sinous ne prévenons cet opprobre, on pourra dire quece monstre n’a plus en Europe que deux asiles, Y Inqui-sition et la Suisse! » Brissot, l’un des hommes les plusremarqués pendant la révolution française, vint aussien Suisse à la même époque et y publia plusieurs ou-vrages : une Bibliothèque philosophique du législa-teur 1 , fans laquelle plusieurs causes criminelles con-cernant le Pays de Vaud et la Suisse sont examinées ;une Théorie des lois criminelles, et le Sang innocentvengé, discours sur les réparations dues aux accusésinnocents. Il se faisait appeler M. de WarvilleL Il pu-blia aussi le Philadelphien à Genève, critique du gou-vernement genevois 5 . Lovseau deMauléon, autre légistefrançais, dont les plaidoyers et les mémoires eurent enleur temps une grande réputation, défendit avec élo-quence un orphelin, le comte Desportes de Crassier,dont les agents du fisc bernois convoitaient l’héritage.
Les études juridiques, comme celles d’économie po-litique , avaient en général dans la Suisse française lecaractère d’expérimentation philanthropique. On sem-blait vouloir essayer de préférence, dans ce pays où il yavait, à tout prendre, plus de liberté pratique que dansles Etats voisins, la réalisation de certaines utopies. Le
1. 2 vol. in-8° ; 1782—1786.
2. Du lieu de sa naissance, Ouarville, près de Chartres.
3. 1783; in-8°. Brissot de Warville annonça aussi un Traité de laVérité, qui devait paraître à Neuchâtel en 1782.