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marquis dePezay, qui eut un moment de célébrité vers1775, et qui était Suisse d’origine *, visitant le champde bataille de Saint-Jacques, s’étonne que les héros decette journée mémorable soient moins connus que ceuxdes Thermopyles : « Les Suisses morts près de Bâleont-ils moins fait? Non. Pourquoi sont-ils moins con--nus? C’est que les Grecs avaient à la fois des héros etdes poètes pour les chanter, des sculpteurs pour leurélever des statues, et que les Suisses n’ont eu que deshéros. Que Plutarque, Sophocle, Thucydide et Phidiassoient nés à Berne et à Zurich, c’est au nom de Zurichet de Berne que naîtrait cet enthousiasme, éternel hom-mage enchaîné à la mémoire de Sparte et du Pirée. »Le marquis de Pezav conclut par une série de conseilsqu'il donne aux Suisses pour les amener à égaler lesGrecs en célébrité. Ses réflexions concernent la libertéde la presse, de l’industrie, l’hospitalité, la mendicité,et bien d’autres objets à réformer. B semblerait, à l’en-tendre, que les Suisses pouvaient convertir leur paysen Arcadie, avec un peu de bonne volonté.
Nous avons déjà cité l’Essai sur Vindigénat helvé-tique de Neuchâtel, par Boyve. Dans le même pays etquelques années après, parut une première Histoire deNeuchâtel et Valengin,par un ancien justicier duLocle(Kühn), 1786. Elle est écrite d’un style un peu go-
1. Alexandre-Jacques-Frédéric Masson de Pezay, auteur desSoirées Helvétiennes, Alsaciennes et Franc-Comtoises, était né à Ver-sailles d'un père genevois, qui s'était attaché au duc Léopold deLorraine et avait été nommé directeur des finances par le cardinalde Fleury.