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CHAPITRE XIII.
LE THÉÂTRE. - LA POÉSIE. — LES ROMANS. — LA SO
CIÉTÉ HELVÉTIQUE. —LES ÉTRENNES HELVÉTIENNES.
Nous avons vu que les ordonnances ecclésiastiques,d’accord avec la législation civile, défendaient les repré-sentations dramatiques dans les principales villes de laSuisse française. Des théâtres de société avaient été or-ganisés, non sans peine, surtout depuis l’exemple etl’impulsion donnés par Voltaire, mais non sans exciterles murmures désapprobateurs du rigorisme. A Genève,comme aussi aux portes de Genève, à Carouge et à Châ-telaine, des salles de spectacle avaient été élevées à lahâte, pendant la médiation du chevalier de Beauteville,et on y avait vu figurer Aufrène, Lekain et d’autresacteurs en renom. Cette importation étrangère avaitscandalisé beaucoup de monde; aussi, quand le théâtrede Genève, construit en bois, fut incendié en 1768,les secours ne furent pas bien prompts. La charpentes’écroula avec fracas, et tout fut détruit. Mais lorsqu’en1782 de nouveaux troubles plus sérieux furent suivisd’une intervention arméedehuit milleFrançais,de cinqmille Piémontais et de quatre mille Suisses, une nou-velle salle devint nécessaire, et en attendant qu’elle fût