année, le rédacteur du Journal Helvétique disait avecnon moins de bon sens :
« Quand j’aurai dit : c'est un drame, tout sera dit.Zoé doit plaire à ceux qui aiment le genre de M. Mer-cier, et ne point plaire à ceux qui ne l’aiment pas.Chacun a son goût , selon le proverbe favori des gensde mauvais goût. »
En 1788 paru! à Neuchâtel une pièce absolumentneuchâteloise, le Suisse bienfaisant. « La scène estdans les montagnes de Neuchâtel. Le théâtre représenteune chambre à la suisse; M. Dubois, horloger, estplacé devant une table sur laquelle sont des montres etdes instruments d’horlogerie. Aussitôt que la toile estlevée, il ôte ses lunettes et regarde à sa montre. »
Voilà le début. L’intrigue est assez simple. Un jeunehomme est venu , sous le nom de Benoit , dans la mai-son de M. Dubois, qui l’a accueilli et l’a donné pourprécepteur à son fils Philibert. Benoit est devenu amou-reux d’Henriette, sœur de son élève. Sa passion, sesmalheurs, le rendent sombre et misanthrope. Il va peut-être mettre fin à ses tourments, quand arrivent succes-sivement le comte deCourval, général français, et lechevalier de Montfleur, capitaine d’infanterie, père etcousin de Benoit. Ce jeune homme a déserté la maisonpaternelle, parce que le comte de Courval lui préféraitson cousin, le chevalier, et l’abreuvait d’humiliations.II s’est enfui en Prusse, et de là est venu dans les mon-tagnes de Neuchâtel. Le comte veut faire valoir sesdroits sur son fils, et le réclame de M. Dubois, qui, par