du spectacle) la Mort de Louis XI 1 , qui a servi de mo-dèle à tous les drames historiques ; les Tombeaux deVérone, imitation de Roméo et Juliette de Shakes-peare 2 . Mercier avait changé le dénouement. Touchésde l’amour mutuel de leurs enfants, Capulet et Montaigules unissaient et se réconciliaient. M. Chaillet disaitavec raison dans le Journal Helvétique :
« Quand un grand poète a traité un su jet quelconque,
» il n’est plus permis, en le traitant après lui, de chan-» ger la catastrophe. Que penserait-on d’une Andro-» maque qui se terminerait par le mariage de Pyrrhusb avec la veuve d’Hector r ’ ? »
A propos de Zoé, imprimée à Neuchâtel la même
1. 1783; in-8°. Chez la Société typographique.
2. 1782; id. id.
3. Un autre auteur dramatique français qui, comme Mercier, vinten Suisse, mais qui n’y réussit pas si bien, c’est Guyot de Merville,auteur du Consentement forcé, et de trois volumes d’autres comédies.
Le malheur l’avait éloigné de Paris, où il avait eu d’abord dessuccès. Il alla voir Voltaire, qui le reçut trés-froidcment, à cause decertains vers qu’il avait faits jadis contre lui à l’instigation de l’abbéDesfontaines. Guyot de Merville disparut alors de Genève, laissantdans sou logis ses habits, son épée et tout ce qu’il possédait. Oncrut qu’il s’était noyé dans le lac; mais on apprit plus tard qu'ils'était retiré dans un couvent du Pays de Gex. Cet auteur ne lisaitjamais le Consentement forcé, qui était sa propre histoire, sans ré-pandre un torrent de larmes.
C’est ici le cas de rappeler que Destouches, auteur dramatiquebien autrement célèbre, commença sa carrière littéraire en Suisse.Il y lit jouer le Curieux impertinent, composé pour la troupe dont ilétait directeur, et qui était protégée par M. de Puysieux, ambassa-deur de France résidant à Soleure. Ce ministre, charmé de l’es-prit de Destouches, le fit entrer dans la carrière diplomatique, qu'ilsuivit avec succès, tout en continuant de travailler pour le théâtre.