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dont il prit le nom suivant l’usage du Pays de Vaud,Garcin de Cottens écrit à un de ses amis de Genève ausujet de ce traité :
« M me Necker m’écrit que mon livre a fait une tellesensation, que tous les esprits se sont tournés du côtéde la musique. Les auteurs parlent et écrivent là-dessus,entre autres l’abbé Morellet, qui a fait un morceau surl’expression qu’elle dit charmant. On m’assure aussique les journaux s’escriment. N’est-il pas triste den’être au fait de rien? Apollon ne perce point dans cesdéserts. Mais l’Amour les habite et me console. Leschrétiens d’aujourd’hui sont un peu plus difficiles enfaitde dieux; ils n’en ont qu’un, et encore le confinent-ilssi loin, si loin, qu’il est comme relégué dans les espacesimaginaires. Que ne se font-ils païens ? Ils en auraienttoujours une demi-douzaine à leur service et à.celui dupoète. Depuis deux mois que je vis comme le rat deLafontaine, je suis affamé de littérature. Je n’ai rienouï, je n’ai rien lu; il faudra me remettre à la palette.Yoyez-vous quelque facilité à me faire venir le Mercurede France et les Petites Affiches de Province? Je vousles communiquerai, et vous me ferez part de la Gazettelittéraire et du Journal encyclopédique. Votre frèrenous communiquera son Journal des Savants , et noustrouverons notre pitance dans ces échanges *. »
Nous voulons croire que le bon Garcin s’exagérait unpeu la sensation produite par son Traité du Mélodrame(où l’on trouve cependant d’excellentes choses) ; mais
1. Lettre inédite : Cottens, le 24 décembre 1774.