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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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On ne craint sur les bords quil couvre de ses ombres,Ni le solstice ardent, ni les âpres frimas.

reluit le cristal dune onde fugitive;

A nos besoins pliant son cours,

Sans peine elle quitte sa rivePour porter à nos champs son utile secours.

Un peuple qui connaît tout le prix de la vie,Sempresse à cultiver ces rivages heureux.

La terre quembellit son active industrieSintéresse elle-même au succès de ses vœux.

Quà nos yeux cette côte est belle,

Quand le printemps, suivi de sa brillante cour,Sempresse à rendre enfin sa voix à Philomèle,

Son mouvement à londe et son éclat au jour.

Que laspect de ces bords menchante,

Lorsque lété partout voit le jasmin fleurir,

Lépi se recourber sur sa tige flottante,

Et le doux abricot se hâter de mûrir!

Ah! que je chéris cette rive,

Quand lautomne à son tour fait germer nos guérets,Adoucit du soleil la lumière trop vive,

Et peint de pourpre et dor le faîte des forêts.

Dans le sein du vallon, au pied de ces montagnes,Je vois couler la Thièle à travers les roseaux ;

Son onde partagée en différents canaux,

Quelle change pour nous en labyrinthes deaux.Rivière tranquille et chérie,

Que jaime à suivre tes détours !

Ton eau silencieuse, en son paisible cours,Présente à mon esprit limage de la vie :

Elle semble immobile, et sécoule toujours.