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La description du lac de Neuchâtel et de ses aspectsrévèle aussi tout le talent poétique de Lerber :
Oui, ce bassin superbe est pour moi l’océan;
De ses bornes au loin je cherche en vain la trace.Tantôt un calme heureux aplanit sa surface,
Tantôt son sein troublé s’élève en mugissant.
On peut voir chaque jour, sur son cristal liquide,Flotter de brillants pavillonsQue le souffle des airs, docile à nos leçons,
Vers le terme marqué porte d’un vol rapide.
Accourant par essaims nombreux,
Les sombres habitants de ses grottes profondesViennent souvent le soir animer par leurs jeuxL’azur éblouissant des ondes.
Les bords, par un abîme à jamais séparés,
Nous offrent tour à tour de différents langages,
Des cultes opposés, de contraires usages,
Et des mortels encor l'un de l’autre ignorés.
Ici notre œil découvre une roche stérile,
Triste écueil, qu’avec soin le nocher fuit toujours;
Là nous devons trouver un port sur et tranquille,
Que la côte en fuyant cache par ses détours.
Neuchâtel, c’est assez t’en dire,
Pourrais-tu méconnaître, à des traits si frappants,
Ce lac, qui pour jamais soumis à ton empire,
Baigne tes heureux murs de ses flots blanchissants.Trois maîtres, je le sais, ont droit sur son hommage,Mais c’est de toi qu’il aime à recevoir des lois ;
Tu lui prêtes ton nom ; tu pares son rivage;
Tu permets à ses bords de répondre à ta voix,
Lorsque de Frédéric tu chantes les exploits.
Ce héros.Est-ce à nous de publier sa gloire?
Respectons sa célébrité.