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copier servilement les Saisons du chantre britannique,chantons celles de notre patrie et de notre climat. »
L’idée que le journaliste de Neuchâtel voulait inspi-rer aux poètes suisses, Philippe Bridel et ses frères Louiset Samuel Bridel, la suivirent avec persévérance dansle dernier quart du dix-huitième siècle et au commen-cement du dix-neuvième. Leurs efforts, leur talent, laréputation qu’ils surent acquérir, sont, dans l’histoirelittéraire de la Suisse française, un épisode très-curieux.Ils constituent une véritable période de cette histoire.Cela suffit pour nous engager à entrer dans quelquesdéveloppements 1 , et à tracer rapidement leur biogra-phie.
Les frères Bridel appartenaient à une famille an-cienne du Pays de Vaud, originaire de Combremont.Elle s’était établie à Moudon, où, dans le dix-huitièmesiècle, on la trouve partagée en deux branches. La ca-dette se jeta dans le commerce, et plusieurs de ses mem-bres passèrent en France, à Genève et jusqu’en Bussie.L’aînée se tourna vers l’Eglise, et a donné au Pays deYaud de nombreux pasteurs. Legrand-père des trois Bri-del poètes était ministre dans la Vallée du Lac de Joux,et leur père à Begnins, au-dessus de Nyon. Celui-ci avaitépousé, en 1756, Anne-Bachel Alibert, tille d’un né-gociant de Nîmes. Philippe-Syriaque Bridel, l’auteur
1. M. le professeur Vulliemin ayant publié à Lausanne, à la finde 1854, une biographie du doyen Bridel, nous devons déclarer,bien qu'il n’y ait pas malheureusement à s’y méprendre, que ceque nous disons de cet auteur vaudois et de ses frères était écritavant l’apparition du livre de M. Vulliemin.