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du Conservateur Suisse et le plus célèbre de la famille,naquit de ce mariage le 20 novembre 1757, et fut l’aînéde huit enfants, six fils et deux fdles. Deux de ses frères,Louis et Samuel, eurent comme lui des goûts littérairestrès-prononcés, et se firent connaître par des ouvragesqui ne sont pas encore totalement oubliés. Louis Bridel,après avoir voyagé en qualité d’instituteur dans diverspays de l’Europe, entre autres en Italie, fut pasteurfrançais à Bâle, puis professeur d’hébreu à l’Académiede Lausanne. Esprit assez romanesque, il publia danssa jeunesse les Infortunes du jeune chevalier de La-lande, mort à Lausanne le 1" février 1778 1 (dont nousdirons un mot en parlant des romans) ; des vers surtoutes sortes de sujets ; une Introduction à la lecturede Pindare 2 , essai sur la littérature grecque, où l’onreconnaît le contemporain de l’abbé Barthélémy; uneLettre à Carrion de Nizas sur la manière de traduireDante 5 , qui est encore recherchée par les amateurs dela littérature dantesque ; une traduction du livre deJob ; une Notice sur l’année juive ; le Pour et le Contre,ou Avis aux émigrants en Amérique , et quelques au-tres opuscules. Louis Bridel fut le fidèle et très-utilecollaborateur de son frère aîné Philippe, et l’on attribuemal à propos à celui-ci exclusivement plusieurs ou-vrages qui appartiennent aux deux.
Samuel Bridel, un autre frère, débuta aussi, commetant d’autres jeunes Yaudois, par la carrière pédago-
1. Lausanne, 1781; iu-8°, fig.
2. Lausanne, 1785; in-12.
3. Bâle, 1805 ; in-8°.