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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
tablissement, et en conséquence nous supposerons que lacirculation soit grevée d’un péage destiné à couvrir l’inté-rêt et l’amortissement du capital engagé ; nous aurons àvoir quelle devra être la grandeur relative de ce péagesur les deux sortes de transport. En second lieu, nous au-rons à considérer les frais de surveillance et d’entretiende la voie ferrée ou du canal, auxquels nous unironsles frais généraux. Enfin nous devrons mettre en pa-rallèle les frais de traction.
Occupons-nous des frais de premier établissement.
En France, les canaux, de 1821-22, ont coûté jus-qu’ici 137,000 francs par kilomètre, et en y ajoutant lasomme nécessaire pour les bien achever, la dépense irait à160,000 francs environ (1). Les chemins de fer françaispeuvent être évalués en moyenne à 400,000 francs. Lamoyenne indiquée dans le volume publié en 1856 par leministre des Travaux publics, sous le titre de Documentsstatistiques sur les Chemins de fer, est de 392,739 fr. (2).A ce compte, la dépense d’un kilomètre de chemin defer serait de deux fois et demie celle d’un kilomètre decanal. En la mettant par moitié à la charge du servicedes voyageurs et de celui des marchandises, il reste que,toutes choses égales d’ailleurs, le péage destiné à couvrirles frais d’établissement devrait être plus élevé sur lechemin de fer que sur le canal.
Si l’on fait entrer dans la composition de la moyennedes frais d’établissement des canaux français les canauxexécutés postérieurement à 1835, le coût du kilomètredu canal sera rehaussé notablement, et il atteindra en-viron la moitié de la dépense totale du chemin de fer.Alors la partie ‘du péage qui répondra à l’intérêt desfrais d’établissement, pour le service spécial des mar-
(1) Vol. I, p. 449.
(2) Voir aussi vol. 1 de ce Cours, p. 474, not. 2.