1U COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
chandises ne peut descendre au-dessous d’un minimumpassablement élevé en comparaison de ce qui serait pos-sible, si l’on calculait autrement.
Un désavantage des canaux, qui est très-notable etqui est général, consiste dans le chômage qu’éprouve lanavigation tous les ans pour le curage, indépendammentde celui qui est imposé par la gelée. Sur les canaux del’État en France, la durée du chômage pour le curage esten moyenne de trois mois au moins ; mais c’est excessif.Sur le canal du Midi, ce chômage n’a lieu que tous lesdeux ans, et on l’a réduit à six semaines. 11 paraît mêmeque récemment on est parvenu à ne chômer qu’une foistous les trois ans et qu’on espère arriver au chômagequatriennal.
Cette circonstance propre aux canaux, et qui est un deleurs caractères indélébiles, n’affecte pas précisémentles frais de transport pendant l’époque où ils sont ou-verts ; mais elle fait pis, puisqu’elle suspend le servicependant une période plus ou moins longue. Elle durejusqu’à quatre mois sur les canaux du Berri et du Blavet.A la vérité, une pareille durée doit être signalée commel’effet d’un vice d’administration. Une interruption dumême genre, plus inévitable encore, et dans quelques paysfort longue, est celle qui résulte de la gelée. En France,la navigation n’en souffre ordinairement que pendant unassez court délai; mais dans l’Union américaine, cen’est pas de moins de quatre ou cinq mois pour lesÉtats où les canaux sont le plus nombreux.
Enfin dans la comparaison entre les canaux et les che-mins de fer, il ne faut pas omettre l’excès de parcoursauquel on est obligé sur les canaux et sur les voies d’eauen général, parce que, dans la plupart des cas, celles-ci,tant artificielles que naturelles, sont sinueuses. De Lyonà Strasbourg, la navigation a 537 kilomètres contre 510