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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
Dans la partie qui nous reste à faire du parallèle en-tre les chemins de fer et les voies navigables, et où ildoit s’agir des fleuves et rivières, nous supposerons qu’ils’agit de bateaux mus ou remorqués par la vapeur.
Quand les fleuves ont un tirant d’eau convenable, jeveux dire d’au moins 1 mètre 30 à 1 mètre 50, de ma-nière à recevoir des bateaux pesamment chargés, et pourla remonte de forts remorqueurs à vapeur, ils sont d’unparcours facile et économique pour les marchandises ;ils le sont encore plus pour les voyageurs. Comme c’estla Providence qui nous les donne gratis ou à peu près,il n’y a pas lieu d’y percevoir un péage notable pour lefait des dépenses de premier établissement, et la sup-pression du péage leur assure ou peut leur assurer la su -périorité en fait de bon marché.
Ainsi, à la descente par la vapeur, on rencontre sur lesfleuves des prix de 2 centimes environ par tonne etpar kilomètre. C’est le cas sur la Seine (1) et à plus forteraison sur l’Ohio et le Mississipi ; sur ces derniers, j’aitrouvé en 1834, le prix de 1 centime à 1 1/4 pour degrandes distances telles que celle de Cincinnati ou deLouisville à la Nouvelle-Orléans. On me dit même quela concurrence, en cela au surplus excessive, avait quel-quefois fait tomber le prix jusqu’à 1/2 centime pour lafarine en barils. A la remonte sur l’Ohio et le Mississipi,toujours pour les longs trajets, c’était de 2 centimes à2 1/2. Sur l’IIudson, où l’on n’avait pas un très-longtrajet entre New-York et Albauy (219 kil.), les produits
des exemples, sur une grande échelle, de ces bateaux plats'qu’on dépèceune fois parvenus à leur destination. En Amérique, on y charge des den-rées; dans la vallée de la Loire, ce n’est guère que de la houille.
(1) Sur la Seine, de Paris à Rouen, pour 2i0 kilomètres de parcours, Jefret est de C francs 48 centimes par tonne; soit par tonne et par kilomètre2 centimes 7/10.