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COURS l) ÉCONOMIE POLITIQUE.
exécutédes travaux du plus grand caractère, dès le tempsde la royauté. Les égouts de la ville de Rome en sont unexemple que tout le monde a présent à l’esprit. A ce su-jet, il faut reconnaître qu’en Égypte, à côté des monu-ments fastueux érigés par les Pharaons pour la satis-faction de leur vanité, une multitude de canaux avaientété creusés pour l’irrigation, beaucoup de digues élevéespour empêcher les ravages des inondations, des monticu-les même formés à bras d’hommes pour servir d’assietteaux villages. Mais l’art précieux auquel la civilisationest enfin parvenue, de féconder au plus haut degré destravaux publics, manquait à l’antiquité.
Si maintenant nous passons à une société plus rappro-chée de nous dans l’ordre des temps, quoique fort éloi-gnée encore dans l'ordre des idées, celle du moyen âge,nous y trouverons les pouvoirs constitués empressésà entreprendre de grandes constructions, qu’ils considé-raient comme d’utilité publique, mais (pii étaient toutautre chose (pie les travaux publics des sociétés mo-dernes.
Au milieu de l’anarchie féodale, lorsque la France,l’Allemagne, l’Europe entière étaient sous le joug d’unemultitude de petits souverains, guerroyant les uns contre les autres, et empiétant sans cesse les uns sur les au-tres et sur leur suzerain, quand celui-ci ne les dépouillaitpas lui-même; au milieu de cette société toute militaireet sans cesse en proie au désordre et à la violence, les sei-«gneurs, dans une pensée de domination, ou pour avoirun asile assuré d’où ils protégeassent leurs vassaux, etles corporations dans un but de défense légitime, exé-cutèrent de grandes constructions qui étaient appro-priées à leurs besoins et à leurs prétentions; c’était leurnotion de l’utile. Les seigneurs couvrirent le sol d’in-nombrables forteresses aux murs de vingt pieds d’é-