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Leçons / par Michel Chevalier
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DEUXIÈME LEÇON.

paisseur, qui, chez nous, nexistent plus aujourdhuiquà létat de ruines pittoresques; tandis que, contre lestentatives des hommes de guerre, les bourgeois entou-raient leurs villes dune ceinture de murailles et de tours.

Les châteaux forts et les enceintes des villes ne furentpas les seuls travaux du temps. La société du moyen âgeétait double, même dans son gouvernement. Acôté du roiet des seigneurs sélevait lÉglise. Le pouvoir spirituelcoexistait avec le pouvoir temporel, et le successeur desaint Pierre trônait à côté des Césars et même au-dessus.Lautorité religieuse eut ainsi ses travaux publics, et lesmonuments quérigea le clergé, vastescouvents, etsurtoutmagnifiques églises, conservés jusquà nos jours plusintacts que ceux des barons, sont les ornements de noscités. 11 était naturel au pouvoir spirituel de comprendreainsi les travaux publics ; mais, il faut le dire à salouange, il encouragea aussi les travaux industriels ; il yparticipa, il les accomplit de ses mains. Au plus fort dela barbarie féodale, les moines défrichèrent le sol qui,depuis linvasion, demeurait inculte; ils opérèrent desdessèchements, ils apprirent aux populations à éleverdes digues pour contenir les fleuves. Un peu plus tard, leclergé se fit ingénieur ; il y eut la corporation des Frères-pontifes-, le pont Saint-Esprit sur le Rhône est du nombrede ceux quelle construisit; sur beaucoup de pointsde la Provence, des ponts très-hardis, encore en parfaitétat de conservation, sont dus à cette corporation intel-ligente et charitable. La Lombardie doit aux moines leslrr igations qui ont tant amélioré son agriculture. Maisc étaient, pour le clergé, des œuvres accessoires et unemploi provisoire de son temps. 11 ne pouvait lui appar-tenir de diriger les entreprises industrielles de la société,car son royaume nest pas de ce monde.

Après que la société féodale eut été remplacée par