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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
de ce principe d’association, qui donne à l’homme de sigrandes forces.
L’association ! rien n’est plus vaste. C’est un principefécond qui comporte une diversité d’applications infinie.La carrière de l’association est inexplorée encore ; c’estcomme un de ces archipels de la mer du Sud,aux innombrables îles, qui* ont été visités à peine,et dont on ignore encore et les détours et les res-sources. L’expérience, néanmoins, fournit déjà des in-dications multipliées sur les bienfaits qu’on est fondéà attendre du principe d’association.
Ainsi, dans l’agriculture, l’association offre le moyende combiner la plupart des avantages de la petite pro-priété avec ceux de la grande culture. Elle peut yêtre ou complète ou partielle ; elle peut même n’yêtre que spéciale et très-restreinte. C’est avec raisonque, depuis quelques années, l’attention du public aété appelée sur le mode particulier d’association connu,en Franche-Comté et en Suisse, sous le nom de fruitière.La fruitière est une société de cultivateurs, qui réu-nissent tous les jours, dans une laiterie commune, le laitde leurs vaches et le font mettre en œuvre par unhomme de l’art aux gages de la société. De la sorte, ce-lui qui n’a qu’une seule vache tire proportionnellementde son lait un aussi bon parti que celui qui en a vingt,et tous recueillent le fruit d’une manutention habile etéconomique. 11 résulte des comptes d’une fruitière situéedans le département de l’Ain, qui recevait le lait de va-ches de petite taille, que le produit annuel d’une vache,non compris le veau, s’élève à 1 tü fr. 75 cent. Le produitdes vaches suisses est du double. Quelle ressourcen’offriraient pas les fruitières à nos pauvres paysans desmontagnes pyrénéennes ou alpines!
L’association permettrait fréquemment à nos petits