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propriétaires de se procurer les bienfaits d’un bon outil-lage. Ainsi, un certain nombre de propriétaires pour-raient s’associer pour acheter une machine à battre ouune machine à faucher, ou tel autre appareil dont leprix excéderait les ressources de chacun d’eux et quine pourrait rendre à chacun isolé des services d’uneétendue proportionnée à l’importance de la somme qu’ily faudrait metlre.
Dans l’industrie manufacturière, l’association appli-quée aux capitaux permet de substituer à de petites fa-briques, où les frais généraux sont relativement considé-rables, les profits médiocres et les salaires incertains, devastes établissements qui présentent à Pouvrier et aumaître plus de sécurité, et à la société tout entière l’avan-tage d’une production plus économique. L’association,comme unprolée bienfaisant, se prête ici comme ailleursà mille formes. En voici une, par exemple, qu’elle a revê-tue dans quelques établissements où le combustible em-ployé coûte cher : sur divers chemins de fer, on fait avecles machinistes chargés de la conduite des locomotivesune convention en vertu de laquelle, chaqué fois qu’ilsconsomment moins d’une certaine quantité de coke, illeur revient une proportion convenue de la somme quereprésente l’économie réalisée; les machinistes, en con-séquence, se sont appliqués à diminuer la dépense ducombustible, et l’épargne a été remarquable. Dans, lafabrique de glaces de Saint-Gobain, ce système avait été,il y a longtemps, mis en usage avec un succès signalé parles soins d’un savant distingué, M. Clément Désorrnes, àtel point que la compagnie a économisé ainsi des sommestrès-fortes, indépendamment du bénéfice acquis aux ou-vriers. Peut-être cette méthode d’association spécialeserait-elle propre à améliorer notablement la situationdes forges françaises, qui souvent ont un désavantage par11. 28