VINGT-DEUXIÈME LEÇON. .470
rés, immuables, à les attacher à un atelier commejadis le cultivateur était lié à la glèbe. La liberté aéteudu son domaine sur l’industrie, il faut que le travailreste libre. Mais le chemin de la liberté est souvent ra-boteux et pénible; il faut que les travailleurs le trouventjalonné d’appuis tutélaires et d’abris où ils puissent ré-parer leurs forces et se recueillir. Cette nécessité a étécomprise, en France, par les pouvoirs publics qui ontsuccédé à l’époque où la liberté avait été promulguée aumilieu de la foudre et des éclairs ; elle ne l’est pas moinsaujourd’hui chez les autres peuples civilisés. Commencéedepuis l’aurore du dix-neuvième siècle, l’œuvre se pour-suit graduellement. L’édifice, certes, est loin d’être par-venu au faîte; on n’eu voit encore que les fondations;cependant le plan est vaste, il révèle de larges et intel-ligentes sympathies. Il n’est pas un instant de la vie del’ouvrier pour lequel un projet n’ait été conçu et n’aitreçu un commencement d’exécution. A peine sorti duberceau, il trouve la salle d'asile, et, après elle, l’é-cole primaire, qui tend à devenir une école profes-sionnelle. Les règlements sur l’apprentissage veillentensuite sur lui, et la loi sur le travail des enfants dansles manufactures protège sa faiblesse. Arrivé à la virilité,il apprend sous les drapeaux à défendre sa patrie, et ilfaut espérer qu’il y recevra d’autres leçons encore, afinque, lorsqu’il quitte les rangs de l’armée, il soit plusapte qu’auparavant à enrichir son pays, et à se procurerà lui-même du bien-être par un travail productif. Ren-tré dans la vie civile, le livret le rappelle à ses engage-ments et même à la discipline. Le conseil des prud’hom-mes lui administre une bonne et prompte justice et lemet à couvert de toute exaction. La caisse d’épargne ex-c *te sa prévoyance et reçoit ses économies pour les fairefructifier, et la caisse des retraites les lui rend plus pro-