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COUIIS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
fitables pour ses vieux jours. En échange d’un sacrificequ’il s’impose, les sociétés de secours mutuels et le com-pagnonnage même le garantissent contre la misère etl’abandon pendant la maladie. Les plans de travaux pu-blics, que le gouvernement ou les autorités locales tien-nent ou devraient tenir préparés, peuvent lui donner del’emploi pendant les temps de crise, lorsque l’industrieprivée lui en refuse. Au milieu de ces institutions, ilse meut non plus, comme autrefois asservi, mais libre,portant en lui-même ses destinées, responsable enverssa conscience et envers la loi qui est égale pour tous.
Que l’efficacité de ces moyens soit entière et qu’il n’yait rien à ajouter à ce programme, je suis bien loin de lecroire et de le dire; que le réseau de cette organisationmême incomplète soit étendu partifut sur notre patrie,jene le son liens pas davantage. 11 s’en faut de beaucoupque tous les hommes ou même la majorité participentà tous ces bienfaits. Il n’y a point partout des conseils deprud’hommes; la loi sur le travail des enfants dans lesmanufactures n’est encore qu’à demi appliquée; les sallesd’asile sont bien clair-semées,et l’action de la centralisa-tion paraît s’y être intempestivement immiscée; l’en-seignement professionnel existe à peine; les cours d’a-dultes pendant les soirées, ainsi que les bibliothèquesaccessibles pendant les moments de loisir, et forméesd’ouvrages spécialement consacrés à l’étude des arts uti-les, sont encore à fonder partout à peu près. On ne voitpas, en France, d’institutions semblables à celles où, enAngleterre et aux États-Unis, se réunissent les contre-maîtres et les ouvriers studieux. 11 reste à faire encorepour les caisses d’épargne, et plus encore pour les socié-tés de secours mutuels. La caisse des retraites pour lavieillesse n’a qu’une clientèle insignifiante. Ce n’est quesur un petit nombre de points qu’il existe des sociétés de