500 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
ou bien on se bornera au lissage de telles ou tellessortes de calicot ou de telle variété de tissus plus fins,comme le jaconas ou la mousseline; ou encore on ferauniquement le blanchiment des étoffes écrues que lesautres auront tissées ; ou enfin on se limitera à certainesvariétés d’impression, en se fournissant de dessins ail-leurs, quelquefois en les faisant venir d’une autre con-trée : c’est ainsi que beaucoup d’imprimeurs sur étoffesdu comté de Lancastre, en Angleterre, se pourvoient dedessins à Paris. En France, au contraire, on observe beau-coup plus habituellement la Lendance à la concentration detoutes les parties de la fabrication dans une même manu-*facture. Ainsi, pour reprendre le même exemple destoiles peintes, il n’est pas rare de rencontrer, dans l’in-dustrie française, des établissements où le Coton entreen laine, tel qu’il a été vendu par le propriétaire'de laCaroline du Sud ou de la Louisiane, et d’où il sort enballots d’étoffes destinées aux tapissiers, ou aux magasinsde nouveautés.
De ces deux manières de procéder, que j’appellerail’anglaise et la française, non sans avertir qu’il faudraitbien se garder de prendre ces dénominations dans un sensabsolu, laquelle est la meilleure? C’est ce que je n’es-sayerai pas de déterminer ici. On peut cependant dire,sans crainte de s’aventu'rer, que l’une et l’autre peuventdonner d’excellents résultats. La méthode de la divisionest plus naturelle dans un pays où la production est extrê-mement considérable et où l’on travaille beaucoup pourl’exportation ; elle rend la surveillance plus aisée et lacomptabilité plus simple. La seconde, celle de la con-centration, exige que le chef d’industrie soit plus uni-versel dans ses connaissances ; elle réclame une comp-tabilité minutieuse, car elle oblige à se rendre compted’une multitude de détails ; mais elle offre l’avantage de