520 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
subsistances que de les écarter, mais encore que le plus sûrmoyen d’assurer du travail aux ouvriers consiste à suppri-mer les obstacles artificiels, lois et règlements, qui inter-disent aux matières premières l’accès des ateliers, quellequ’en soit la provenance. De même, et par la même rai-son, il est de plus en plus avéré qu’il convient de donnertoute facilité à l’industrie pour qu’elle se pourvoie oùil lui plaît d’instruments de travail de toute espèce :machines, outils, appareils.
Pareillement, à l’égard des produits tout fabriqués,pour que le consommateur les obtienne à de bonnesconditions, la méthode la plus certaine est que les pro-ducteurs nationaux soient stimulés par la concurrenceétrangère —dont au surplus on peut, surtout en com-mençant, tempérer l’action —à imiter, sinon à surpassertout ce qui se fait de bon et de commode dans le monde.Il y a là une immense amélioration à apporter ù l’éco-nomie générale de la société.
C’était une idée depuis longtemps arrêtée chez tous leshommes qui avaient étudié l’économie politique, que l’ac-tion de la concurrence universelle devait avoir les plusheureux effets en faveur du public consommateur et de lasociété en général, y compris les populations vouées auxarts producteurs. Du domaine de la science, cette pensées’est répandue nouvellement dans celui de la pratique; ungrand gouvernement, celui de l’Angleterre, en a fait uneapplication étendue dont le résultat a aussitôt dépassétoutes ses espérances, et il n’en a pas fallu davantage pourqu’on ouvrît les yeux dans tous les États civilisés. Dansnotre patrie pourtant, par une exception bien regret-table, cette forme du progrès social rencontre une op-position systématique, et c’est, une raison pour que j’entraite ici avec quelque détail.
Après les expositions universelles de Londres et de Pa-