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Leçons / par Michel Chevalier
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VINGT-CINQUIÈME LEÇON. 319

dans le tarif des douanes dont il fut lauteur, on ne ren-contre à peu près aucune prohibition absolue contre lesmarchandises étrangères, tandis que, dans le tarif actueldes douanes françaises, la prohibition est la règle domi-nante pour les objets manufacturés.

En ce qui concerne spécialement les subsistances etles matières premières, le point de départ de cette lé-gislation denchérissement est moderne sur le con-tinent. Elle a eu pour origine une pensée politique.Après 1814, on avait supposé, en France, quon suscite-rait une aristocratie territoriale semblable à celle delAngleterre, si lon instituait, en faveur de la propriétédu sol, un privilège calqué sur celui dont jouissait alorslaristocratie britannique, de prélever, par le moyen desdroits de douane écartant les productions semblablesde létranger, une taxe sur la subsistance des popu-lations, de même que sur la laine qui servait à les vêtir,et sur dautres produits agricoles non moins indispensa-bles aux besoins des hommes. 11 est curieux que despratiques pareilles fussent qualifiées du nom de sys-tème protecteur. Protecteur de qui ? Il serait difficilede soutenir que ce soit du bien-être général. On préten-dait que cétait un moyen certain dassurer du travail etdu bien-être aux populations ; singulier procédé pourencourager le travail et répandre laisance que de rendreplus difficile lintroduction des matières premières que letravail emploie, et denchérir les denrées de premièrenécessité que lhomme se procure en échange de son sa-laire.

Mais lopinion européenne, éclairée par la discussionet la réflexion, répudie enfin ce régime. 11 est enfinreconnu de toute part, parmi les bons esprits, non-seulement que, pour protéger les populations et leur faci-liter le bien-être, il est plus efficace de laisser arriver les