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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
privé, même les plus exorbitantes. J’ai encore moins àqualifier les actes et les démarches au moyen desquelsl’agitation a été organisée d’une extrémité à l’autre del’empire français. Nous sommes ici pour raisonner surles principes et pour apprécier les doctrines. Je vaisdonc aussi rapidement que possible discuter la doctrineà la défense de laquelle un certain nombre de manufac-turiers, réunis à cet effet par les liens d’une étroiteassociation, consacrent une masse d’efforts qu’ils eus-sent mieux fait peut-être de réserver pour améliorerleur fabrication et pour porter leurs procédés au pointqui a été atteint ailleurs, ou encore pour se bien péné-trer les uns les autres de leurs devoirs envers la société.
La formule exacte de la thèse soutenue par l’écoleprohibitioniste qui vient de se reconstituer en Franceavec un grand éclat, c’est que le manufacturier français,par cela seul qu’il est Français, a un droit absolu, ex-clusif, sans réserve, à être le fournisseur de ses con-citoyens. Ainsi, qu’il travaille bien ou mal, qu’il aitbien ou mal choisi la localité où il a établi sa fabrique,qu’il administre avec ordre et intelligence ou tout diffé-remment, qu’il soit ou non animé de l’esprit de perfec-tionnement et pourvu d’un bon matériel, qu’il vendecher ou à bas prix, il n’importe : le marché intérieurest son domaine inaliénable, et il faut en murer la portederrière lui, afin que l’étranger n’y puisse rien glisser.Toute importation étrangère est une calamité et, enversle manufacturier français, une spoliation. — On le voit,ramené à ces termes, le système prohibitioniste est re-nouvelé tout simplement de la muraille de la Chine.
Certes il semble qu’il ne faille pas de bien longues mé-ditations pour comprendre qu’un pareil système répugneaux tendances les plus notoires de notre époque, à sespenchants les plus louables. Cette politique commer-