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Leçons / par Michel Chevalier
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VINGT-CINQUIÈME LEÇON,ciale qui isolerait les nations et les parquerait chacunedans son territoire, heurte de front le désir quont tousles peuples de se rapprocher, de mettre en communleurs connaissances, de sexciter mutuellement au pro-grès, de se fournir réciproquement des modèles et desexemples, et darriver, par le concours de leur activitéintelligente; à résoudre autant que possible le grandproblème du bien-être universel. Il y a un mouvementsensible vers un état de choses les peuples de lEu-rope seraient les uns vis-à-vis des autres comme desconfédérés, et le monde civilisé offrirait, sauf à quel-ques moments dégarement, le spectacle dune noble etféconde association. Des efforts admirables se font pourconstituer sur des bases fermes le grand principe de lasolidarité des nations éclairées. Dans lordre des faits ma-tériels, les chemins de fer, qui sexécutent à grands frais,sétendront bientôt sur toute lEurope comme un ré-seau qui en reliera toutes les parties. Dans lordre mo-ral et politique, nous sommes témoins dactes solennels,tels que le traité de Paris du 30 mars 1856, cette soli-darité est inscrite en traits éclatants. Une politique com-merciale qui, dans ces circonstances, affiche le principede lisolement, nest pas seulement contraire à la raisonet à lintérêt général : on serait fondé à dire quelle estsacrilège, car elle est au rebours des beaux sentimentsque le christianisme a accrédités parmi les hommes.

Au point de vue économique, par rapport au sujet dubon marché qui nous occupe ici, le système commercialde lisolement que préconisent les prohibitionistes, sou-lève de bien fortes objections. 11 est en effet la négationdune des vérités les mieux établies de léconomie politi-que, à savoir que la division du travail est une des con-ditions dune bonne économie. Cette règle nest pasfttoins vraie pour les nations que pour les individus.