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VINGT-CINQUIÈME LEÇON.
rogative dont le monopole serait réservé aux manufac-turiers. A ce compte, la Suède et la Norwége devraientproduire leur vin en cultivant la vigne en serre chaude,et la France récolter son café et sa cannelle, au lieu deles faire venir de la Martinique ou de l’Inde, ou des îlesde la Sonde. Le vin obtenu ainsi, par la latitude deSLockholm et de Christiania, reviendrait à des prix in-sensés, je passe sur la qualité du breuvage ; et le cafémûri avec la chaleur des calorifères, outre qu’il donne-rait des nausées à nos gastronomes, serait de même hor-riblement cher ; mais les partisans de la prohibition ontdécouvert que cette cherté n’avait aucun inconvénientpour l’intérêt public, que même elle lui était avanta-geuse. Je ne plaisante pas, cela se trouve en toutes let-tres dans leurs écrits c’est l’essence même de leur doc-trine.; et il faut bien qu’il en soit ainsi, car si, toutcompte fait, ils avouaient que le système prohibitionnisteest onéreux à la société, ce serait comme s’ils en avaientprononcé la condamnation. Les personnes qui se con-sacrent à soutenir cette cause sont ainsi entraînées, parl’irrésistible puissance de la logique, à soutenir que lacherté résultant de ce qu’elles appellent le système pro-tecteur et que nous appelons, nous, du terme plus vraide la prohibition ou de la muraille de la Chine, est unesource de richesse pour la société. On peut au surpluslire cette proposition dans un livre déjà un peu ancien,le Traité d'économie publique de feu M. le vicomtede Saint Chamans. On la retrouve en toutes lettres dansun ouvrage dont le parti prohibitionniste a fait beaucoupde bruit dernièrement et qui est dû à un honorablemembre du corps législatif, M. Lequien.
« Les sacrifices qu'impose la protection (au public) pro-« filent, dit M. Lequien (1), de la manière la plus directe
0) Du Libre-Échange et des prohibit. douan., par M. F. Lequien, P- 60.
U. SA