VINGT-CINQUIÈME LEÇON. 531
ront été en mouvement, donc il y aura eu du travail na-tional, donc la France sera heureuse et elle s’enrichira,si la doctrine prohibitionniste est juste.
Malheureusement, il n’est pas aussi facile de s’enri-chir. Ce qui fait le mérite du travail, ce qui est causequ’il peut enrichir le chef d’industrie qui le dirige et lepaye et, en sa personne, la société, c’est le résultat ob-tenu par la vertu de ce travail, je veux dire la quantitédes articles produits, ou, ce qui revient absolument aumême, la qualité à défaut de la quantité. Si pour unemême dépense la quantité, toute qualité compensée, estaussi grande que dans les autres contrées, de façon queles produits puissent être offerts au public consomma-teur au même prix que chez les autres peuples, on estfondé à dire qu’on travaille avantageusement, et que,du fait du producteur dont il s’agit, le pays s’enrichittout autant que les nations voisines. Mais si d’une mêmequantité de travail, d’une même somme dépensée en sa-laires, ou en matières, ou autrement, on neretire, toutecompensation faite pour la qualité, qu’une quantité in-férieure de produits, le pays ayant pour le même effortune moindre richesse, puisque les produits divers del’industrie manufacturière ou agricole sont la richessemême de la société, le pays, dis-je, se trouve appauvrirelativement aux peuples voisins, de toute la différence.Il est plus mal nourri, s’il s’agit de blé ou de viande ;plus mal logé, s’il s’agit de meubles ou de maisons ; plusmal couvert, s’il s’agit de drap, ou de tissus de coton, oude soie, ou de chanvre; plus mal chaussé, s’il s’agit desouliers ; tout cela s’appelle être plus pauvre.
Les Norwégiens et les Suédois s’appauvriraient s’ilsvoulaient produire leur viu, au lieu de l’acheter en don-nant en retour les productions que fournit leur sol oucelles qu’ils savent faire dans leurs ateliers; de même