532
COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
la France, si elle entreprenait de récolter son café et sacannelle dans des serres. 11 n’est personne de sens rassis,même parmi les prohibitionnistes les plus absolus et lesplus impétueux, qui ne le reconnaisse sans contestation:le capital et le travail consacrés à ces industries facticesseraient fort mal utilisés, parce que le résultat ne se-rait en rapport ni avec l’un, ni avec l'autre. Cela posé,pour peu qu’on veuille être conséquent, on ne peuts’empêcher d’admettre que le fondement d’une bonneéconomie nationale estd’employer en toutes chosesetdanstoutes les industries, dans les manu factures aussi bien quedans l’agriculture, le travail et le capital de la façon la plusproductive, c’est-à-dire de manière à en retirer la plusgrande masse de produits, toute qualité compensée; laplus grande masse de vin, si l’on fait du vin; la plusgrande masse de café et de cannelle, si c’est à ces pro-ductions qu’on se livre; la plus grande masse de fer, sic'est du fer; la plus grande masse de fil de coton, s'ils’agit de la filature de ce textile. Dans quelque industrieque ce soit, l’écart qui existe entre la quantité (à qualitéégale) des produits qu’on relire'd’une masse donnée detravail et de capital, et celle qui s’obtient chez les peu-ples voisins, est la mesure de l’appauvrissement que subitun pays, pour le lait, de se livrer à la production dont ils’agit, dans les conditions où il l’exerce.
Ainsi, au nom du même principe en vertu duquel oncondamnerait l’entreprise de récolter du vin dans la Da-lécarlie, de la cannelle dans les plaines de la Beauce etdu café dans les vallons des Carpathes, il faut considérercomme onéreuse à la société l’opération qui consiste àfabriquer du fer en France à 50 pour 100 plus cherqu’en Angleterre, et des filés de coton à 30 pour 100.Lorsque le consommateur paye ce surplus de prix, cen’est pas un sacrifice productif, quoi qu’en disent les