VINGT-CINQUIÈME LEÇON. 5-il
à l’avenir, en y procédant graduellement, pour se con-former aux règles de la politique, qui veulent qu’on aitsoin de. ménager les transitions; c’en est un de l’avoirprolongée aussi longtemps en la maintenant à un tauxexorbitant. C’en est un de l’avoir établie d’une manièresystématique en l’étendant à toute sorte d’articles, au lieude se contenter d’en faire une faveur spéciale, et à termefixe, pour quelques produits qui se seraient recomman-dés particulièrement. L’État n’est pas le pourvoyeurdes chefs d’industrie. Il n’est pas dans ses attributionsnaturelles de leur fournir des capitaux pour perfec-tionner leurs établissements, ou d’obliger le contri-buable à leur en fournir.
L’excuse qu’on allègue en faveur de la redevanceperçue par les manufacturiers protégés, que ce n’est paspour eux un supplément de profit, est, à un certainpoint de vue, une circonstance aggravante contre lesystème. Et, en effet, l’intérêt public, mesuré au pro-grès ou à la conservation de la richesse collective dela société, aurait moins à se plaindre d’un état deschoses où les manufacturiers protégés feraient profit dela totalité de la redevance que leur sert le public, qued’un régime où ce serait absorbé en frais de toute sorte.Dans le premier cas, c’est une somme qui passe intactede la poche du public dans celle du fabricant; au lieude vous ou de moi, c’est un tiers qui la possède ; enprincipe, ce tiers n’y avait aucun droit et il n’en est in-vesti que par un acte dont l’équité et le principe de l’é-galité devant la loi ne s’accommodent pas; mais en-fin la nation, dont le fabricant protégé est un mem-bre, aussi bien que vous et moi, p’en est pas privée.Dans le second cas , à n’envisager que la richessesociale, c’est perdu , à peu près comme si on avaitjeté la somme à la rivière ; détestable emploi des