540 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
sentant qu’elle ne conslitue pas un surcroît de bénéfice,qu’elle est uniquement destinée à couvrir le surplus defrais de production. — Si ce n’est pas le surcroît deprofit pour ces manufacturiers, l’effet n’en reste pasmoins le même pour le public qui paye. C’est, d’abordune perte scelle pour lui; c’est de plus un tribut qu’ilacquitte parce que la loi douanière l’y oblige, maisqu’en équité il ne doit point. Dans les sociétés modernesrégies par le principe de l’égalité devant la loi, il est deprincipe qu’on ne doit l’impôt qu’à l'État, au dépar-tement ou à la commune; on ne peut être tenu à riende semblable envers un simple particulier qui ne rendaucun service extraordinaire pour légitimer cette faveurexceptionnelle. Voici, je suppose, M. A. ou M. B., chefsd’industrie dont les établissements sont mal administrés,mal situés, ou mal outillés, et qui, par une ou plusieursde ces causes, produisent chèrement. De deux chosesl’une: ou le mal dont ces établissements sont atteints estincurable, et alors on retombe dans le cas que j’ima-ginais tout à l'heure, de la Suède et de la Norwégevoulant produire leurs vins elles-mêmes; ou il estpossible de le guérir, et par une bonne administration,une plus grande activité du chef ou une rénovation dumatériel, ou par d’autres dispositions, on peut arriverà produire dans les mêmes conditions de prix à peuprès qu’ailleurs; mais alors pourquoi M. A. et M. B.n’ont-ils pas déjà pourvu à ces nécessités? Voilà soixanteans qu’on leur paye, à cet effet précisément, une rede-vance qu’on ne leur doit point; ils ne lui ont pas donnécette destination, quoique ce fût pour eux un devoirétroit; est-ce une raison pour la leur payer indéfi-niment encore? La conclusion, ce me semble, est qu’ilsont mérité un blâme sévère, et non pas qu’il faut per-pétuer la taxe. Ce ne sera pas un tort de la supprimer