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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
l’idée de l’application de l'armée aux travaux publics y est unie à celled’une réserve.—Ce système consiste dans la formation de compagnies detravail , composées de volontaires; il repose sur les idées suivantes;1° limiter le temps de service en raison du travail des hommes, ce quistimulerait le zèle des soldats ; 2° prendre les hommes pour les compa-gnies de travail immédiatement au sortir de leurs familles, sans lesfaire passer par les cadres de l’année proprement dite. — Système pluscomplet exposé dans un écrit intitulé ; De la constitution de l’arméesous la monarchie de 1830, par M. Larréguy. — Principes qui ontguidé l'auteur dans son projet; tout Français doit son tribut à ladéfense de la patrie, et il l’acquitte, soit par un service personnel, soiten argent ; le service de l’armée se divise en service actifet en service deréserve, le premier durerait dix années, et, après vingt années, il don-nerait droit à une retraite ; le second ne durerait que cinq ans, dont lamoitié se passerait en congé, et sur l’autre moitié, douze mois seraientconsacrés aux exercices militaires, dix-huit aux travaux publics d’uti-lité départementale; la répartition entre les deux armées se feraitd’abord par le libre choix des hommes, puis, s’il le fallait, par le gou-vernement; la partie énergique et ardente de la population solliciteraitle service actif; les hommes doux et laborieux se présenteraient pourla réserve. — Avantages de cette combinaison ; moyens financiers parlesquels M. Larréguy espérait pourvoir à l’entretien des deux armées.Importance des services à attendre de l’armée de réserve.
DIX-SEPTIÈME LEÇON.
Conclusion au sujf.t de l’application de l’akmée aux travaux publics
ET DU SYSTÈME MILITAIRE DES GRANDS ÉTATS. 328
Résumé des faits et des systèmes exposés dans les quatre leçons précé-dentes.— Trois moyens comparés d’atténuer le sacrifice qu’impose à lasociété la permanence des grandes armées. — 1° Appliquer les troupestelles qu’elles sont à un certain nombre de travaux publics.— 2° Donnerà une portion de l’armée une discipline particulière pour former destravailleurs conservant le caractère de soldat. — 3° Imiter l’exemplede la Prusse. — La pratique a constaté que le premier système étaitd’une utilité médiocre. — Le second système, fort séduisant, est en-core à expérimenter. — Le troisième a pour lui une expérience deprès d’un demi-siècle et il est en rapport avec les tendances les plusavancées de la civilisation. — Objection contre ce système, qu’ilne formerait pas d’aussi bons soldats que ceux d’Austerlitz. — L’objec-tion est fondée mais non décisive. — 11 sultit, à notre époque, qu’onse propose pour but de vieillir, non l’armée tout entière, mais unepartie de l’armée.—Esprit de la loi du 26 avril 1835. — Objection