MOTIFS ET PRINCIPES
54
dividu compose la prospérité générale du pays. Poursatisfaire à leur subsistance, ces peuples non agricolespuisent à leur aise , et avec une très grande facilité ,dans les richesses territoriales des autres peuples, mêmede ceux qui sont les moins civilisés
■ Les richesses ici ont deux grands avantages sur les pro-priétés territoriales.
L’un est que l’argent est de leur domaine, et que la con-version réciproque de ces espèces de richesses est beaucoupplus aisée. Or l’argent est la mesure commune des richessesmobilières et immobilières. On n’apprècie les biens-fonds etles revenus des biens-fonds que par la valeur eu argent qu’onen peut retirer. Il en est de même d’un droit immobilier quel-conque , tel que servitude, creance hypothécaire, etc. Toutesles richesses territoriales se résolvent en argent, et sont re-présentées par l’argent dans l’opinion commune , et non viceversa'.
L’autre qvantage est que le possesseur de richesses mobi-lières a , pour ainsi dire , à chaque instant, plus de moyens àsa disposition dans toutes les affaires de la vie ; car il peutdisposer très facilement, ou de tout son capital , multiplie' en-core par le crédit, ou des parties de son capital qui peuvent êtreutiles à scs desseins.
Celui qui possède des terres ne le peut pas facilement, ni entous temps , ni avec cette commodité de division.
Cela fait que la richesse mobilière peut ciever à une grandeprospérité et les individus et les peuples , en produisant unegrande accumulation de richesses par elle seule; et qu’au con-traire la richesse territoriale seule n’y conduit presque jamaisni les nations ni les individus.
La France , quoique agricole , n’est devenue riche et pros-père que lorsque son commerce a pris un grand essor et unegrande activité. Oh vit cela clairement à deux époques de