ANECDOTES.
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d’énormes souliers bien ferrés et sans boucles, dontl’oreille d’un cuir épais se retroussait de quelquespouces en avant; un officier français en escarpins,passant près de cette sentinelle, s’arrêta pour l’exa-miner et se moqua de son habit et surtout de sa chaus-sure. Le soldat le regarda fièrement et lui dit : « Toi,
» avoir des souliers pour courir, et moi, pour rester.»
L’affreux incendie qui a dernièrement consumépresque en entier le village d’Am-Stæg, dans le cantond’Uri, a occasionné un trait de courage et de dévoue-ment au bien public, qui doit être relevé. 11 y avaitdans l’endroit le plus exposé sept barils de poudre :le muletier Boniface Bumann, qui les avait amenés lemême jour d’Altorf, abandonne aux flammes sa propremaison et sa boutique sans en rien sauver, pour pré-venir le surcroît de malheur que leur explosion allaitimmanquablement causer. Un autre muletier nomméSigisbert Russi, de la vallée d’Urseren, aprèsavoir misen lieu de sûreté les marchandises avec lesquelles ilarrivait à Am-Stæg, vient généreusement et sans enêtre requis, assister son compagnon de métier Bu-mann, dans cette entreprise qui faisait frémir tousles assistants : ces deux hommes, avec un sang-froidégal à leur courage, parviennent à détacher les barils,déjà chauds extérieurement, les roulent à travers levillage en feu jusqu’au bord de la Reuss, où ils pen-saient qu’ils seraient à l’abri de tout danger ; mais levent y portant beaucoup d’étincelles et de charbons
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