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SLR LES GRISONS.
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La plupart des députés des communes sont de sim-ples paysans : du sein de leurs demeures tranquillesils passent au maniement des affaires ; au soin de leurstroupeaux succède celui de la république, et la hou-lette du berger se change entre leurs mains en glaiveredoutable au perturbateur de la félicité publique. Ilsse rendent à Trons ordinairement à pied, dans leur ha-billement champêtre : ils n’étalent ni une mollesse avi-, lissante, ni un luxe ruineux ; des domestiques fainéantset inutiles ne les accompagnent point, et leur dignitén’est relevée par aucun ornement étranger à leur sim-plicité. Au lieu de les représenter sous leur véritablecostume, le peintre, venu tout fraîchement d’Italie,crut les honorer en les travestissant en autant de petits-f maîtres français : il leur donna une coiffure des plusélégantes, un habit juste et court et leur mit une ba-dine à la main. — A de semblables traits, qui auraitreconnu les habitants des Alpes et les juges grisons?Aussi ne s’y reconnurent-ils point, et indignés de ceridicule tableau, craignant qu’il ne fût pour leurs’ mœurs de la plus dangereuse conséquence, n’y voyantpas moins qu’un présage sinistre de l’avilissement dela patrie et de la ruine de la liberté, ils voulaient ab-solument faire effacer ou changer cette bizarre pein-ture : cependant elle subsiste encore ; mais au premier* tumulte populaire il ne serait pas surprenant de la voirdétruire. En effet, quand les députés grisons ressem-bleront à ceux que le peintre a tracés, l’état sera bienf près de sa décadence : mais heureusement ils sontencore très-éloignés de ce temps-là.
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