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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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mettent dans leur soupe, pendant qu’ils vont à l’égliseou au travail, un morceau de graisse de marmotte ,très-commune chez eux , dans l’assurance qu’elleempêchera le vase de s’échauffer au point de répan-dre ce qu’il contient. L’expérience m’a encore dé-montré la fausseté de ce préjugé. Si pour l’ordinaireune partie du bouillon ne s’échappe pas du vase enleur absence, c’est que, ne brûlant que des éclats desapin, un tel feu non-seulement n’est pas assez actifpour faire bouillir le vase, mais diminue insensible-ment et ne tarde pas à s’éteindre. Je pourrais ajouterà cet exemple ce qu’ils racontent des effets merveil-leux de la lunaire , de l’usage du cristal pulvérisédans les maladies, etc. ; mais tout ceci m’éloigneraittrop de mon sujet et trouvera naturellement sa placeailleurs.

La fabrique de cette vaisselle était autrefois beau-coup plus considérable. Scheuehzcr rapporte, d’aprèsGuler, dans ses voyages des Alpes , que le seulbourg de Pleurs en vendait pour cinquante mille du-cats par an : maie aujourd’hui, quoique chacun soitlibre de faire exploiter cette mine, il n’y a ici qu’unentrepreneur, un petit nombre d’ateliers, et des ou-vriers qui ne travaillent qu’une partie de l’année. Unparticulier intéressé dans ce commerce et fort instruitde tout ce qui le concerne, m’a assuré qu’on en écou-lait à peine pour trois mille ducats annuellement. Ontransporte cette vaisselle dans le pays grison, dans laValteline, à Chiavenna, à Bergame et à Milan. U y aquelques années qu’un négociant en fit passer en