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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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Pline le naturaliste, qui l’appelle pierre de Côme etla compare à celle qu’on trouve à Siphnos, île del’Archipel, comme on peut le voir dans le livreXXXVI de son Histoire naturelle. Sans m’arrêter pluslongtemps sur ce morceau d’histoire naturelle, déjàtrop étendu aux yeux de quelques lecteurs, j’ajouteraiseulement qu’on travaille aussi au tour des vases d’al-bâtre et de serpentine, et qu’à Pleurs, dans les mon-tagnes d’où l’on tire la lavége, on trouve encore del’amiante ; au reste, soit qu’il ne mûrisse pas assez,soit qu’on ignore l’art de le mettre en œuvre, on n’entire aucun parti.

En sortant de Prosto, on arrive en peu de temps àune petite plaine au pied du mont Conlo , arrosée parla Maira : des rocs épars, des escarpements, des pré-cipices , triste image d’un bouleversement général,apprennent au voyageur étonné qu’il est sur le lieumême où exista autrefois l’infortuné bourg de Pleurs.

Ipsa etiam rudera clamant.

C’était un endroit considérable, peuplé et florissantpar le commerce et l’industrie de ses habitants ; il ser-vait d’entrepôt aux marchandises qui passaient d’Italieen Allemagne ; orné de promenades, de belles placeset de riches églises, il offrait le riant aspect de mai-sons bien bâties , de jardins et de vergers mêlés en-semble ; tout y respirait l’abondance , le luxe et lesplaisirs ; mais il était réservé à la plus sinistre descatastrophes, et le 25 août 1618 était le jour irrévo-cablement marqué pour son entière destruction.