SUR I.ES GRISONS.
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denstein, qui donne encore le droit monétaire à sonpossesseur. La même bourse renfermait outre celaquelques médailles assez curieuses en or et en argent,qui ont passé dans le cabinet du comte de Firmian.
Vis-à-vis des ruines de Pleurs, tombe du mont Sa-vegno la cascade de l’Acqua Fragia ; c’est assurémentla plus belle que j’aie vue dans mes voyages en Suisse ;elle est plus considérable pour la masse d’eau, et partd’un point bien plus élevé que Pissevache. Cette cascadese présente sous deux aspects bien différents. Dans untemps sec, son eau bleuâtre et transparente offre plu-sieurs iris, et les accidents de lumière les plus bizarreset les plus curieux ; pendant les pluies ou à la fonte desneiges, c’est au contraire un torrent limoneux, quis’élance avec fracas, se réduit dans sa chute en va-peurs subtiles, et couvre de rosée tous les environs. Sila représentation que Scheuchzer en donne dans sonvoyage des Alpes est fidèlement copiée d’après nature,il faut que son aspect ait singulièrement changé dèslors.
Près de cette cascade est le village de Roncaglia, oùles Vertimati se sont retirés depuis la ruine de Pleurs :à quelque distance de ce village on voit souvent pa-raître , pendant les nuits d’été, des exhalaisons gi-gantesques , bizarrement découpées dans leur formefantastique, et qui pourraient effrayer si l’on n’enconnaissait pas la cause physique, ^’ai vu entre autresun de ces météores lumineux qui se levait assez régu-lièrement dans un marais au pied d’un vieux châtai-gnier : le fantôme aérien avec ses franges découpées