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LETTRES
le désastre général, parce qu’il était assez distant dureste du bourg.
On continue encore aujourd’hui à pousser des gale-ries sous ses ruines, dans l’espoir d’y rencontrer quel-que effet précieux ; ce qu’on a trouvé de mieux jusqu’àprésent est une grosse cloche très-bien conservée,actuellement dans le village de Prosto. Le grand butdes mineurs est de parvenir à l’emplacement de la ca-thédrale, qui renfermait beaucoup de richesses enpierreries et en vases d’or et d’argent; toutes leurstentatives ont été jusqu’à présent infructueuses. D’a-près l’examen des lieux, je soupçonne que les ruinesde cette église sont sous le lit actuel de la Maira, oùl’on ne saurait ouvrir une galerie sans des dépensesconsidérables, parce que, roulant sur un sol pierreuxet sablonneux, l’eau filtrerait de tout côté.
J’ai acheté à Pleurs même quelques monnaies encuivre qu’un paysan y avait trouvées dans une boursede cuir ; quoique endommagées par le vert-de-gris, jeles ai presque toutes déchiffrées ; ce sont différentespièces qui avaient cours il y a trois ou quatre sièclesen Allemagne, en France, en Italie et dans le paysgrison ; ce qu’il y avait de vraiment rare c’est une mé-daille en bronze du grand module, très-bien conser-vée, portant d’un côté la tête du Christ, et de l’autreune inscription hébraïque ; tout annonce qu’elle estdu premier âge de la religion chrétienne et faite pardes Juifs qui l’avaient embrassée. J’y trouvai aussiavec grand plaisir des monnaies de l’ancienne famillede Sehauenstein, maîtresse de la baronnie de liai-