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LETTRES
point comme les lapins, ils ne se gîtent guère commeles lièvres ; ils cherchent plutôt des trous naturels ouse tapissent entre les espaces des rochers amonceléspar les ravines. Beaucoup plus faibles que les autres,les chiens courants les forcent avec une très-grandefacilité. Leur chair est peu agréable, en été elle sent lesapin, en hiver elle est sèche et sans suc. Tout cecine nous autoriserait-il pas à conclure qu’il y a uneespèce qui forme le chaînon entre le lièvre et le lapin,et dont la figure et les inclinations participent de l’unet de l’autre? Je le crois, et cette espèce est le lièvreblanc.
Ajoutons un mot sur les vents périodiques de cettevallée : celui d’orient y souffle régulièrement depuisle matin jusques à une heure, et celui d’occident pen-dant le reste du jour. Il ne me paraît pas difficile d’enexpliquer la cause. Le comté de Chiavenna au terri-toire duquel aboutit la vallée dont je parle, est sousun climat beaucoup plus chaud ; dès les huit heuresdu matin la chaleur y est très-considérable en été.L’air dilaté et moins élastique, n’offrant donc qu’unefaible résistance à l’air pur et actif de la Brégaglia,celui-ci en vertu du principe constant par lequel tousles fluides tendent à se mettre en équilibre, se préci-pite avec force le long de la vallée pour se mêler àl’air plus dilaté de Chiavenna, ce qui forme un cou-rant d’air régulier d’orient en occident. L’après midila chaleur diminue insensiblement à Chiavenna, l’airy reprend sa condensation et son élasticité, ce qui, jointà l’air actif qui arrive du lac de Côme, fait qu’à son