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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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dire, un cours de morale ou plutôt de bienfaisance,qui parle plus religion à mon cœur qu’un professeurà mon esprit du haut de sa chaire académique. Sou-vent je me crois transporté au temps des patriarches.Peu s’en faut que je ne cherche ou le chêne de Mamrépour aller adorer sous son ombre vénérable, ou lagrotte dans laquelle reposent en paix les cendres del’aimable Raohel : peu s’en faut que je ne prie lesvoyageurs de venir se reposer chez moi, d’y mangerun morceau de mon pain, et de me permettre de la-ver leurs pieds poudreux. O Moïse! ô précieuse anti-quité si bien décrite par Homère et par Ossian ! Et jene manque point ici de modèle : un seul trait vous leprouvera. Il y a quelques jours, je traversais la bellevallée de l’Engadine que l’Inn arrose et embellitd’une manière supérieure à toute description ; je m’ar-rête dans un village pour donner à un vieillard desnouvelles de son fils que j’avais vu depuis peu ; il meretient hospitalièrement tout le jour. Le lendemain,je veux partir ; il me prend par la main et me dit :Etranger, suis-moi. Puis il me mena dans son grenierrempli de tas de froment et de piles de fromages, danssa cave pleine de bon vin de Yalteline, dans ses éta-bles peuplées de belles vaches, dans ses granges où lefourrage s’élevait jusqu’au comble, puis, après cettevisite, il me dit : As-tu fait attention à tout cela?....Eh bien, n’y a-t-il pas assez? Si tu crains de manquerde nourriture, tu vois qu’il y a en abondance pour toiet pour ton cheval; si lu crains d’incommoder, tuverras que chacun vaquera à ses affaires comme si tu